Projet de loi sur la fin de vie

23 juin 2026 : Fin de vie : un débat qui mérite mieux que des slogans.
J’ai pris le temps d’écouter soignants, médecins, familles et équipes de soins palliatifs avant de me prononcer.
Ce que j’ai entendu est plus complexe, plus humain et parfois plus douloureux que ce que l’on entend dans les débats publics.
Et vous, quel est votre point de vue ?

(13 commentaires)

  1. Chère Carole Guillerm,

    Je ne peux qu’essayer d’imaginer la pression qui s’exerce sur vous en ce moment. Une pression venue de vous-même bien sûr mais aussi de vos soutiens, de vos proches et de tous ceux que vous rencontrez en parlant de ce sujet. Aussi j’ai bien conscience qu’à ma façon j’accrois cette pression qui pèse sur vous en faisant part de mon opinion sur ce sujet. Mais puisque vous faites part de votre hésitation et requérez l’avis d’autrui je saisis cette opportunité, non sans vous en remercier et vous féliciter au passage pour cette transparence.

    Je souhaite ardemment que vous votiez la loi sur la fin de vie.

    Cette ardeur vient de ma conviction profonde qu’il faut écouter les autres, leur porter assistance et ne pas les juger. La loi sur la fin de vie ne doit évidemment pas être une injonction au décès pour les plus fragiles, pas plus qu’elle ne doit occulter le sujet des soins palliatifs. Pour cela et pour d’autres raisons, il est clair qu’il faut un protocole et des limites fixées par la loi.
    Mais le rejet de la loi reviendrait in fine à faire taire la demande légitime de ceux qui souffrent le plus. Elle reviendrait à leur demander de chercher le repos éternel dans un autre pays.
    En toute honnêteté, je n’ai jamais été confronté à une situation dans laquelle la loi relative à la fin de vie aurait été une solution envisageable. Et je prie que pour qu’il en soit ainsi jusqu’à la fin de mes jours. Pourtant cela ne m’empêche pas de comprendre ceux qui en ont besoin et, par conséquent, je ne peux pas rester indifférent.
    C’est pourquoi je vous demande solennellement de répondre à cet appel à l’aide en laissant un choix véritable et légal à ceux qui n’en n’ont plus.
    En vous remerciant de m’avoir lu je vous prie d’agréer l’expression de mes salutations distinguées,

  2. Bonjour,
    Je souhaite apporter une contribution nuancée au débat autour du projet de loi sur l’euthanasie. Ayant participé à plusieurs colloques et conférences sur ce sujet, et après de nombreux échanges avec des équipes de soins intensifs et de fin de vie, j’ai pu constater à quel point ces situations sont complexes, humaines, et profondément singulières.

    Mon expérience personnelle m’amène à penser que les professionnels de santé disposent déjà d’un savoir-faire précieux pour accompagner les patients et leurs familles dans ces moments difficiles. Leur formation, leur éthique et leur pratique quotidienne leur permettent souvent de trouver un équilibre délicat entre soulagement, respect de la personne et accompagnement vers l’inéluctable. Beaucoup de décisions se prennent déjà dans un cadre médical encadré, réfléchi, et empreint d’humanité.

    C’est pourquoi l’idée de légiférer interroge. Non pas par rejet du débat — au contraire, il est nécessaire — mais parce qu’une loi risque d’ouvrir des zones d’incertitude ou de dérives que personne ne souhaite. Avant de transformer ces pratiques en cadre juridique strict, il me semble essentiel de comprendre ce qui motive réellement ce projet. Est-ce une demande sociétale, une volonté politique, une évolution culturelle ?

    Notre rapport à la mort est aussi façonné par notre histoire, nos traditions et, pour beaucoup, par une culture marquée par le catholicisme. Cela influence notre manière d’aborder la fin de vie, différemment d’autres sociétés. On touche ici à des questions philosophiques et anthropologiques qui méritent d’être discutées sereinement.
    Échanger, réfléchir, confronter les points de vue : oui. Légiférer trop vite, sans prendre toute la mesure de ce que cela implique : peut-être pas.

  3. Bonjour Carole Guillerm
    Sur un sujet aussi sensible ,il est légitime et souhaitable de s’entourer d’avis éclairés avant de trancher .
    Au-delà de l’interdit moral et religieux pour certains ,il me semble que le texte tel qu’il se présente aujourd’hui est de nature ,immédiatement ou à terme, à mettre en contradiction les soignants avec leur serment.
    Ils sont là pour soigner et soulager, pas pour donner la mort.
    D’autre part , les conditions du consentement de personnes à une injection mortelle posent problème .On pense à ceux qui sont sous curatelle ou tutelle par exemple.
    Mieux vaut me semble-t-il éviter cela et de mettre les doigts dans un engrenage .
    La loi Léonetti accompagnée de la récente loi sur les soins palliatifs suffisent à mes yeux .
    Avec mes sentiments les meilleurs.

  4. Chère Carole Guillerm,

    On parle beaucoup de « garde-fous », ces derniers temps… On nous présente la « loi fin de vie » comme une simple liberté en plus, qui permettrait seulement à certaines personnes, parfaitement libres, de poser un choix qui n’engage qu’elles, et on accompagne tout cela de mots magiques (« aide », « assistance », « écoute », « compassion », « empathie »…) pour entourer cette loi d’une aura de sainteté. Mais, je vous en prie, ne vous laissez pas influer sans discernement par ce discours émotionnel, qui est peut-être tenu de bonne foi, mais ne contribue ni au bien des personnes en fin de vie, ni plus généralement au bien de la société.

    Le meilleur garde-fou, c’est l’absence de possibilité de se donner (ou faire donner) la mort. C’est en sachant que la mort provoquée n’est pas une option, qu’on vit véritablement la vie, qu’on cherche véritablement un remède à la maladie et un soulagement à la souffrance. C’est en s’abandonnant au cours naturel de l’existence qui touche à sa fin et aux mains de ceux qui prennent soin de nous, qu’on peut effectuer sereinement le grand passage. Toute personne qui a connu la douleur le sait: ce n’est pas en étant dans une attitude de contrôle qu’on va mieux, c’est en se laissant faire. Or là, ce qui est en jeu, c’est l’avènement d’une société où l’on veut tout contrôler, jusqu’au dernier moment, même ce moment où l’on est face au plus grand mystère qui soit, ce moment du saut vers l’Inconnu, où l’on devrait être dans une attitude d’ouverture, et non de maîtrise totale.

    Quant à la question de la « liberté », permettez-moi de faire deux remarques.
    La première, c’est que notre société étouffe sous le poids des libertés et des droits. On a le droit de tout faire, et pour finir on ne sait plus ce qu’on doit faire. On n’a plus de repères, on est sans cesse renvoyé à notre capacité de choix, et ce faisant, on passe notre temps dans l’angoisse du choix au lieu d’avancer.
    La deuxième remarque, c’est que les personnes en fin de vie ne seront jamais parfaitement « libres ». Elle seront toujours plus au moins aliénées par la souffrance ou la vieillesse – donc particulièrement vulnérables au moindre discours un peu convaincant qui s’adressera à elles – et façonnées par ce qu’elles percevront de la situation: que quelqu’un leur fasse sentir qu’elles sont un poids, et elles voudront tirer leur révérence, alors qu’elles peuvent avoir encore quelque chose à dire, de l’amour à donner, un testament spirituel à livrer!

    En comptant sur votre résistance aux sirènes de cette « aide à mourir », je vous remercie de m’avoir lu et vous souhaite d’arriver à poser vous-même un choix réfléchi et prudent. Que, pour faire plaisir à quelques individus isolés, vous ne lanciez pas tout notre pays dans une spirale de perte de sens et d’individualisme!

  5. Chère Madame,
    J’ai lu vos mots qui me touchent et merci de croiser les regards
    Je me permets du coup vous communiquer la lettre que j’ai envoyée il y a quelques jours à mon député que vous connaissez peut-être, Nicolas Bonnet.
    Oui ce projet de loi est loin d’être banal
    Bien cordialement
    Dominique Bronner .
    ——-
    A l’attention de Monsieur Nicolas Bonnet
    Député, Assemblée nationale, 126 Rue de l’Université
    75 355 Paris 07 SP
    Objet : Projet de loi sur la fin de vie
    Monsieur le Député,
    Je reviens vers vous, à ce moment où le projet sur la fin de vie va entamer semaine prochaine
    une nouvelle phase d’examen à l’Assemblée.
    Je vous avais adressé une lettre le 15 février dernier ; vous vous souvenez peut-être que je suis
    entré dans la phase palliative de mon traitement contre un cancer agressif du colon qui
    métastase.
    Je viens vous supplier de stopper ce projet funeste qui prévoit d’autoriser l’euthanasie et le
    suicide assisté, avec ses conséquences et sa nocivité sur chacun et notre société de demain,
    beaucoup plus fortes que l’on peut l’imaginer ; pensons en priorité à nos générations futures.
    La vie est un trésor à soigner, dans ses joies comme dans ses épreuves vécues et non
    choisies, avec ses temps qui se succèdent, dont celui de la fin de vie.
    NON
    à la construction d’une société où la vie – y compris dans ses phases de
    faiblesse est piétinée ;
    au mépris de nos soignants que je vois de très près depuis 2 ans et qui au plus
    profond d’eux-mêmes – pour près de 70% d’entre eux, se sentent giflés par ce projet en
    opposition complète avec les soldats du soin et de la vie qu’ils sont ;
    au mépris de nos pharmaciens, privés de leur liberté de conscience qui fait partie
    de leur dignité ;
    au vol de ce temps si unique des derniers mois des personnes en fin de vie –
    que nous serons tous un jour, qui n’attendent qu’à être accompagnées et que l’on ne peut priver
    de cette présence de leurs proches y compris des soignants ; cette présence leur est si précieuse
    à ces moments difficiles à vivre, avec la délicatesse, le réconfort, le soulagement et l’authenticité
    qu’elle procure et parfois le pardon qu’elle rend possible !
    au vol de ce temps également si unique pour leurs accompagnants, qui à leur
    contact reçoivent de vraies leçons de vie.
    NON
    à cette porte que ce projet de loi ouvre, une porte sombre, basée sur le mensonge
    qui feint d’ignorer la réalité de l’euthanasie et du suicide assisté qu’elle autorise ;
    à toutes les autres transgressions futures qu’elle rendra possibles ; il suffit de
    regarder d’autres pays comme la Belgique, le Canada ou l’Espagne qui l’ouvrent de plus en plus
    grand.
    OUI
    au développement des soins palliatifs dans tous les territoires ;
    à l’accès aux soins partout et aux arbitrages à faire dans un pays qui vit à crédit et
    pour le moment ne sait plus arbitrer par manque de courage, de vision réjouissante et de vérité ;
    2
    OUI
    à l’émerveillement devant le trésor de la vie pétrie dans les joies et les souffrances,
    trésor à soigner comme le bébé qui vient de naître et qui mérite d’être accompagné par ses
    parents dans l’amour ;
    à la majorité des Français qui ne veut pas de ce projet de loi pour eux et pour la
    société ; je rencontre de très nombreuses personnes et j’ose dire qu’une grande majorité d’entre
    elles – quand on écoute leur cœur et quand on les amène à mettre des mots, le rejettent ;
    à un arrêt avec lucidité de cet acharnement à faire passer ce projet de loi ; il
    n’est pas possible de se résigner à un hold-up idéologique et morbide conduit par une
    minorité active ; n’est-il pas surprenant de s’acharner sur ce projet, alors que notre pays
    nécessite d’être repris sérieusement en main sur beaucoup de questions essentielles et même
    vitales, en cette période trouble d’appauvrissement et de manque évident d’espérance et aussi
    de confiance dans nos élus et nos partis ? n’est-ce pas une belle occasion pour commencer
    à reconquérir cette confiance et commencer à inverser ce découragement voire ce dégoût qui
    grandissent et peuvent muter en une sourde colère ?
    je disais oui jusqu’à hier, à un référendum en dernier recours si c’est la seule voix
    acceptable, avec de vraies questions posées. Et j’apprends que le Conseil Constitutionnel vient
    de rejeter toute proposition de référendum sur la question de la fin de vie ; je suis en colère, cela
    montre à l’évidence que notre démocratie déraille et qu’il faudra engager des modifications de
    notre constitution pour protéger notre pays et notre démocratie.
    CE PROJET DE LOI QUI DIVISE
    Le hiatus significatif sur ce projet entre les 2 chambres du Parlement et l’augmentation sur un an
    du nombre d’opposants qui s’est manifesté lors de la dernière lecture à l’Assemblée, montrent
    bien que le sujet est loin de faire l’unanimité au sein de nos élus et interroge leur
    conscience.
    J’espère que ces mots vous parleront et vous stimuleront pour bloquer ce projet
    funeste de fin de vie et soutenir celui du développement des soins palliatifs !
    Notre pays le mérite, chacun de nous le mérite … pour un avenir qui ose la vie, le lien, l’amour, la
    vérité, la responsabilité … qui ose chacun !
    Non à l’acharnement thérapeutique, non à l’euthanasie, non au suicide assisté, non à
    l’indignité. Oui à la vie, oui aux soins palliatifs, oui à l’aide à vivre.
    Je vous prie de croire vraiment, monsieur le député, à l’expression de ma haute considération.

  6. Bonjour Madame,

    Il me semble que votre vidéo contient déjà une partie de votre réponse, et les intuitions sont bonnes.
    Déjà, vous soulignez le fait que les moyens n’ont pas été mis en œuvre pour appliquer une loi qui a déjà été votée (la loi Leonetti). Dès lors, cela prouve que la loi est bien impuissante devant les difficultés humaines, les cas particuliers et les douleurs personnelles de chacun. Ce n’est donc probablement pas une loi qui sauvera les personnes qui souffrent le plus.
    Vouloir orienter la loi en fonction de certains cas particuliers, c’est aussi prendre le risque d’apporter la confusion pour beaucoup d’autres.
    Effectivement, cela pose aussi la question, plus philosophique : est-ce que je souhaite que la société donne la mort à un grand nombre de personnes (bien que leurs jours ne soient pas forcément comptés) ?
    Ce n’est pas seulement l’affaire de quelques uns, mais c’est l’affaire de toute une société, dont je fais partie tout comme vous, et que nous souhaitons la meilleure possible !
    Puissiez-vous nous représenter, sans oublier aussi vos propres convictions.
    Bon courage et bon vote !

  7. Madame la Députée,

    Je suis étudiante et je réagis à votre vidéo car je comprends parfaitement vos hésitations, étant moi-même entourée d’amis aux avis divergeants. Cependant, ce qui m’a permis d’adopter la position qui est la mienne est mon soucis du maintien d’un lien social fort entre les générations, qui permet à la société d’évoluer toujours vers une meilleure intégration de tous. Le soucis du défendre le plus faible et le plus vulnérable me paraît essentiel dans une société prônant la fraternité. La loi sur la fin de vie en ce moment discuté m’alerte donc particulièrement, d’autant plus que de nombreux « garde-fous » ont été retirés du texte initial, en particulier le fait qu’il n’y ait pas de délais de réflexion suffisant pour permettre à chacun d’être totalement libre et conscient dans leur choix. Je pense que la question du discernement est absolument centrale et est pourtant marginalisée dans le texte actuel. Les difficultés de vie et les souffrances conduisent nécessairement à vouloir qu’elles cessent. Cependant, je suis arrivée, après des discussions et des rencontres, à être persuadée que l’euthanasie ne soit pas la solution à ces problèmes sociaux, et d’autant plus une euthanasie qui ne rende pas possible un discernement conscient et serein.

    Si l’euthanasie est conçue comme un droit qui n’enlève rien à personne, qui relève de la liberté et l’autonomie individuelle, elle ouvre aussi la brèche d’une décision radicale donc les conséquences ne doivent pas être minimisées. Chacun d’entre nous pourrait se poser la question de mourir, alors que la perspective de la mort est déjà quelque chose d’extrêmement éprouvant. Par crainte de la solitude, par peur de peser sur ses enfants ou de coûter trop cher, par sentiment d’inutilité de sa vie de malade ou de personne handicapée, certains pourront alors être tentés d’y recourir. Qui n’a pas déjà eu l’idée, plus ou moins fortement, de vouloir en finir? Pour moi, ce serait un danger indéniable pour la société entière que de mettre en place ce texte de loi. En effet, les personnes âgées et marginalisées doivent être intégrées dans la société et chacun doit pouvoir écouter et accepter ce qu’ils ont à dire. Les relations intergénérationnelles et les relations avec des personnes en situations de handicaps sont infiniment fertiles car elles permettent à chacun de se rendre compte de l’altérité. J’avais, lors de mon année de première, décidé de visiter une dame âgée dans la maison de retraite à côté de chez moi. Ces rencontres ont été pour moi une expérience incroyable, et cette dame m’a beaucoup apporté dans ma manière de voir le monde et les autres. Je sais que mes visites lui permettait aussi de se rendre compte que sa vie était encore fertile et que sa vie était fondamentalement utile à la société.

    Ce que j’apprécie dans notre société, c’est que nous soyons tous solidaires les uns des autres : les assurances chômage, maternité ou maladie en témoignent. Je n’ai pas envie que nos vies se terminent dans le « chacun pour soi ». Ce n’est pas sur ce modèle que notre société s’est construite.

    L’euthanasie et le suicide assisté ne concernent pas les seules personnes qui voudraient y recourir mais chacun de nous, en tant que famille, amis de ces personnes vulnérables. Ce n’est pas une question de liberté individuelle mais de solidarité les uns avec les autres.

    Je vous assure que je comprends la pression qui pèse sur vous, et j’espère que mon commentaire vous aura aidé dans votre prise de position.
    Je compte sur vous, Madame, et vous remercie d’avoir prêté attention à mon message.

  8. Chère madame,
    Je ne parle pas aussi bien que les précédents commentaires. Mais votre vidéo me touche beaucoup et je voulais vous apporter l’éclairage de mon expérience. Il y a un an et demi, ma maman s’est retrouvée entre la vie et la mort. Il m’a été dit que ses chances de s’en sortir etaient faibles et que dans le cas où elle s’en sortirai les séquelles seraient importantes.

    Avec cette loi, et sans rentrer dans plus de details, nous aurions pu être confronte6a ce choix d’aider à la fin de sa vie. Mais elle a la tete dure et s’en est sortie. Il y a des séquelles, c’est vrai mais elle est heureuse d’être là parmi nous et nous sommes heureux de la voir.

    Avec cette loi, le risque aurait ete de la faire passer de l’autre côté par non connaissance de l’avenir et surtout par présage du pire.

    Aujourd’hui elle profite comme elle peut et affiche clairement ne pas vouloir partir.

    Alors quoi, il faut voter cette loi au risque de faire partir ceux qui finalement ne le doivent pas ?

    Non je crois qu’on ne peut pas entraîner des gens qui ke le souhaitent pas sous prétexte que les gens qui le souhaitent font pression. Il y a deja une loi, vous l’avez dit. Alors mettons les moyens dessus et accompagnons toutes ces familles en détresse. Mais ne tuons pas alors même que nous ne savons pas lire l’avenir.

    Merci de votre réflexion

  9. Bonjour Carole Guillerm
    Nous sommes bercés par les mots empathie, compassion, accompagnement pour parler du projet de loi sur la fin de vie. Tout cela pour mieux nous faire croire que se donner la mort et ou faire donner la mort par un tiers relève de la liberté. Mais quelle liberté ? Celle de vouloir tout maîtriser jusqu au moment ultime du grand passage vers ce grand mystère de la mort.
    Voici deux questions qui me semblent importantes:
    1. Pour qui vote on ce projet de loi?
    Certains malades en grande souffrance soutiennent ce projet pour abréger leur douleur insupportable. N est ce pas plutôt un appel au secours, un cri du cœur, le profond désir d avoir la présence réconfortante d un proche, des moyens à développer pour les accompagner? Au Canada, les malades désireux d en finir peuvent acheter en pharmacie la pilule létale. Les médecins constatent souvent que la pilule est restée sur la tablette.

    D autre part, de nombreux malades atteints de maladies incurables lancent un grand appel à la vie, au désir de se battre malgré le mal qui les ronge alors que dans leur fragilité la société voudrait leur montrer le poids qu ils coûtent.
    Quelle société voulons nous? Dans les années à venir, le nombre de personnes âgées va considérablement augmenter en raison de la pyramide des âges. Auront elles la force de lutter contre les pressions de la société qui souligneront leur poids et leur coût?

    2. A t on anticipé les consequences et dérives de ce projet?
    Aujourd hui on parle de ce projet pour les maladies incurables, la grande souffrance mais ne nous laissons pas bercés par ces voix. L effet cliquet est engagé et c est la porte ouverte aux enfants, aux plus faibles, aux malades psychiques, aux jeunes qui va s enchaîner.
    D autre part, n oublions pas tous les médecins, infirmiers, pharmaciens à qui on refuse la liberté de choisir.
    N entraînons pas notre société dans une spirale de mort en banalisant la mort.
    Je vous remercie de m’avoir lue.

  10. Madame,
    J’ai écouté vos questionnements et observations bien légitimes.

    Vous faites le constat qu’ « on n’a pas mis les moyens derrière » la loi Clayes – Léonetti.
    Le 27 mai dernier, l’assemblée nationale a adopté à l’unanimité la proposition de loi relative aux soins palliatifs et d’accompagnement.
    Faute de volonté de mettre les moyens, ces lois ne seraient donc qu’un leurre pour faire passer la loi sur l’aide à mourir, beaucoup moins coûteuse budgétairement, mais quelles conséquences pour notre société ! Une société de désespoir qui ne voit dans le souffrant qu’un poids financier et social.
    J’ai entendu le cri de d’une femme dont le père était gravement malade depuis de nombreuses année et qui témoignait de l’incapacité d’un médecin à prendre en charge le patient ainsi que du désespoir du malade et de sa famille aidante. Or les spécialistes engagés dans les soins palliatifs proprement-dit témoignent de l’efficacité d’une prise en charge cohérente des patients et des proches, gage de sérénité et d’espérance malgré la maladie.
    Battons-nous donc pour développer les soins palliatifs dans tous les départements et former médecins et soignants à la prise en charge et à l’accompagnement.

    La nouvelle loi ouvrirait un droit à mourir dans un cadre strict.
    Or Le 30 novembre 2024, Monsieur Jean-Louis Touraine, déjà auteur d’une proposition de loi sur l’euthanasie en 2017, a clairement énoncé la stratégie dite : « du pied dans la porte ». En effet dans les pays ayant légalisé l’accès à l’aide à mourir, tous les garde-fous sont tombés. A titre d’exemple, au Québec, une ancienne militaire blessée en service et désormais handicapée qui avait demandé depuis plusieurs années l’installation d’un élévateur pour fauteuil roulant s’est vue proposer par l’assistante sociale de l’institution « une aide médicale à mourir maintenant ». Les pauvres, les isolés seront les victimes de cette loi. Leur choix ne sera pas libre mais imposé par l’abandon de la société.

    Notre société a la possibilité de faire le choix soit de la fuite en avant où ne seraient dignes de vivre que les bien portants et les rentables, soit le choix engageant et courageux d’une société qui accueille et entoure le handicapé, le malade qui nous interpellent dans sa douleur.

    Je vous remercie, Madame, d’avoir lu ces quelques lignes et vous prie d’en excuser le poids.
    Votre vote nous engage tous.

  11. Chère Madame,

    Un grand merci pour votre vidéo et pour votre honnêteté sur le sujet de la fin de vie. Je vous trouve courageuse et édifiante car, comme vous le dites, ce texte est profondément politique, et il faut beaucoup de courage pour en dénoncer les incohérences, les conséquences sociétales et les risques de dérives.

    Merci également d’avoir pris le temps d’aller sur le terrain afin de mieux appréhender la réalité de ces situations.

    Je vous supplie de poursuivre dans cette voie et de privilégier la prudence. En effet, comme vous l’avez souligné, ce texte n’est pas parfait. Il supprime même de nombreux garde-fous et ouvre la porte à d’importantes dérives ainsi qu’à de futurs élargissements, comme cela s’est produit chez certains de nos voisins européens : euthanasie pour détresse psychologique, euthanasie des mineurs, etc.

    Donner le droit de tuer constitue un basculement civilisationnel majeur. Cela remet en question notre perception de la vie, de la mort et de la dignité, mais également tout un écosystème social et humain. Que deviendront la compassion envers un voisin désespéré ou l’entraide de quartier envers une mère souffrant d’une maladie incurable si, finalement, il suffit d’en finir rapidement parce que cela fait gagner du temps et de l’argent à tout le monde ?

    Quel avenir réservons-nous au soutien mutuel et à la fraternité, piliers de notre pays ?

    Quel cœur aurons-nous si nous n’avons plus l’occasion d’aider, de compatir et de soutenir ceux qui souffrent ? Si nous ne portons plus un regard aimant et solidaire sur la fragilité ? Et quel cœur auront nos enfants si nous ne pouvons plus leur montrer le chemin de la compassion, du dévouement et du don de soi ?

    Quelle liberté laisserons-nous aux plus fragiles, à ceux qui sauront que cette porte de sortie existe et qui pourraient vouloir y recourir afin de soulager leurs proches d’une charge humaine, affective ou financière ?

    Par ailleurs, quelle confiance aurons-nous envers la médecine si son rôle n’est plus uniquement de soigner ?

    Et quel sens donnons-nous à la souffrance ? Celle-ci demeure bien sûr un mystère, mais tant de personnes l’ont portée avec courage au service d’un bien plus grand. Dans un autre registre, pensons à tous nos soldats que nous honorons chaque année, qui se sont battus pour la France, pour leurs enfants, leurs petits-enfants et toutes les générations à venir.
    Nous devons tant à leur sacrifice.

    La dignité se limite-t-elle vraiment à la pleine possession de ses capacités physiques et intellectuelles ? Je ne le crois pas. La dignité est bien plus vaste que cela. Dieu a créé le genre humain dans un amour infini ; chaque être humain est unique et possède à ses yeux une valeur inestimable, quelles que soient sa condition et son état de santé.

    Pour reprendre vos mots, chacun doit voter en conscience. Et justement, la vidéo donne l’impression que votre conscience vous dit que ce sujet est bien plus complexe qu’il n’y paraît, qu’il est loin de faire l’unanimité et qu’il mérite davantage de réflexion.

    Alors je vous en supplie : votez contre, par prudence, et pour que vive la France, ses citoyens d’abord, mais pour que notre pays vive dans la dignité et riche de ce qui fait sa beauté, sa grandeur et son rayonnement: Notre pays hérite en particulier d’une médecine fondée sur l’accompagnement, le soulagement et la solidarité. Il serait terrible d’y mettre fin.

    Je vous prie d’agréer, Madame, l’expression de ma respectueuse considération.

    Claire

    1. Bonjour Madame,

      Merci de prendre le temps de discerner votre vote pour cette loi qui touche au plus profond de l’humanité et donc au plus fort de votre responsabilité legislative !
      Je vous prie du fond du coeur de voter contre cette loi pour les raisons que vous même évoquez dans votre vidéo, notamment le manque de moyen pour permettre les soins palliatifs et la mise en œuvre de la loi en vigueur

      Il me semble que cette loi ouvre une brèche terrible sur la valeur d’une vie non « productive ».
      Alléger les souffrances oui, signifier aux malades, aux fatigués de la vie qu’il est préférable qu’ils y mettent fin est une telle violence faite à tous! Cela ne touche pas seulement quelques uns qui voudraient pouvoir mourir, cela touche la valeur de la vie de l’ensemble des Français. Cela touche à la solidarité, au vivre ensemble. C’est une capitulation de l’etat et de la société face à la souffrance et la solitude, Capitulation qui entraînera ensuite des capitulations individuelles et familiales. L’état ne doit pas penser à quelques intérêts personnels mais penser à ce qu’il incarne, à la société qu’il modèle, qu’il façonne à travers ses lois.

      Je vous prie de recevoir mes sincères salutations

  12. Madame,

    Je vous remercie pour votre video qui montre les enjeux de ce débat : ni plus ni moins que la question de la vie et de sa dignité. Et de son rapport à la loi.

    Comme vous l’avez très bien souligné, ce sujet a été très bien abordé dans la loi Clays Leonetti, mais à quoi sert une loi si on ne met pas les moyens de l’appliquer ?

    Donc notre société se trouve actuellement devant 2 choix : choisir la vie et y consacrer les moyens nécessaires pour la rendre digne, ou choisir la mort pour ceux pour lesquels on considère que leur vie ne vaut plus la peine d’être vécue.

    Evidemment les promoteurs de cette loi prennent soin de ne pas présenter les choses de cette manière, mais en fait c’est exactement le sujet. Et ce qui fait mal (et vous l’abordez aussi dans votre video) c’est de voir à quel point les mots utilisés dans les débats sont dénaturés par rapport à la réalité. Un seul exemple : Le simple fait de parler de « loi de fraternité » pour promouvoir l’euthanasie fait frémir. C’est décomplexer toute forme de comportement au nom de la fraternité.

    La loi sur les soins palliatifs à apporté une avancée : c’est choisir la vie.
    Ne soyons pas une société schizophrène qui stérilise ce choix de la vie en faisant maintenant celui de la mort (cela coûte tellement moins cher de faire le choix de la mort par rapport à celui de la vie…)

    Je vous remercie et vous assure de ma haute considération.

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