Déplacement parlementaire au Danemark

Deux jours au Danemark avec le groupe d’amitié France-Danemark. Je repars avec plusieurs enseignements qui méritent d’alimenter notre réflexion en France.
Le premier est ce que nos interlocuteurs appellent désormais le « moment groenlandais ». Les tensions autour du Groenland ont profondément modifié la lecture danoise des équilibres stratégiques. Longtemps très attaché à son alliance avec les États-Unis, le Danemark s’engage aujourd’hui beaucoup plus fortement dans la construction d’une Europe capable d’assurer davantage sa propre sécurité. Une évolution majeure.
Le Danemark montre aussi qu’il est possible de concilier compétitivité économique et protection sociale. La flexisécurité repose sur un équilibre exigeant : davantage de souplesse pour les entreprises, mais aussi une indemnisation solide des salariés et un investissement massif dans la formation et le retour à l’emploi. Ce modèle interroge nos propres choix : protéger davantage les parcours professionnels plutôt que figer les situations.
Autre enseignement : au Danemark, la gauche a fait le choix d’une politique migratoire exigeante, estimant que la protection de l’État-providence passe aussi par la maîtrise des frontières. Un débat qui résonne forcément avec les interrogations que nous avons en France.
Enfin, j’ai été frappée par la façon dont les Danois articulent désormais souveraineté, défense, compétitivité et transition écologique. Ils investissent massivement dans leur défense, poursuivent leurs ambitions climatiques et renforcent leur autonomie industrielle, avec la conviction que ces trois dimensions sont désormais indissociables.
Ce déplacement confirme une conviction : partout en Europe, les certitudes évoluent. Défense, souveraineté, immigration, modèle social… nos partenaires innovent, adaptent leurs politiques et font des choix assumés. Nous avons tout intérêt à observer ces expériences avec lucidité, sans dogmatisme, pour nourrir le débat en France.

2 comments

  1. C’est un fait qu’en France nous sommes toujours En Marche arrière. Un vrai changement peut-être serait annoncé pour 2027 mais la Bête est là, n’est-ce pas !? Ce sont les mots mêmes de Jupiter. Vous avez raison Carole de dire que l’herbe est plus verte ailleurs. Abandonner l’Europe pour ne plus financer sa défense, et lui vendre plus d’armes, a été une idée géniale outre-atlantique. Preuve que tous les pays n’ont pas, tous, les dirigeants qu’ils méritent. Préparer une alternance réelle est devenu plus qu’une nécessité, c’est maintenant un devoir absolu, une question de survie. Votre quête d’exemples, notamment au Danemark, est une remarquable preuve d’intelligence. Merci Carole pour ce chemin qui s’ouvre !

  2. La Loi ne fait pas tout .
    La loi dite sur la fin de vie permettra sans aucun doute de pousser des personnes sans défense à céder à un entourage pressé d’en finir . C’est mieux pour lui/elle , entendra-t-on !Alors qu’en réalité la récupération de l’héritage ou le prix de l’Ehpad pèsent avant tout .
    Cela fait des années qu’une parente dit parfois qu’elle en a assez de vivre .10 ans après elle est toujours là dans un état assez correct .
    Evidemment avec des traitements .
    Si on l’avait écoutée …et avec la nouvelle loi.
    Donc le vote de Carole Guillerm me paraît approprié.

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