Commission des Affaires Etrangères sur l’Agenge Française du Développement (AFD)
Mme Carole Guillerm (Dem). Au nom de mon groupe, je vous remercie de revenir aussi rapidement devant la représentation nationale, en amont des discussions autour du COM. Vous insistez sur la nécessité, dans un contexte de ressources publiques contraintes, de prioriser l’action de l’AFD et de rechercher davantage d’impact. Cette évolution intervient alors que l’AFD et peut-être plus globalement les mécanismes de solidarité internationale et le multilatéralisme font aujourd’hui l’objet de critiques politiques portant moins sur le fonctionnement que sur leur utilité même.
Certains contestent la pertinence de consacrer des ressources publiques françaises à des projets dont le bénéfice pour notre pays leur apparaît insuffisamment démontré. Dans ce contexte, mes trois questions portent sur le nouveau contrat que vous souhaitez construire pour l’AFD.
Premièrement, pour revenir sur la désinformation que vous évoquiez à mots couverts, comment mesurez-vous concrètement le retour stratégique de l’action de l’AFD pour la France ? Au-delà de l’impact pour les pays partenaires, quels résultats pouvez-vous mettre en avant en matière d’influence diplomatique, de soutien aux entreprises françaises, de sécurisation des chaînes d’approvisionnement, de prévention des crises ou encore de stabilité des régions prioritaires pour nos intérêts ?
Deuxièmement, dans un contexte où les moyens financiers se réduisent, comment opérez-vous les choix entre les différentes priorités de l’Agence : les objectifs liés au climat à l’égalité femmes hommes, à la gouvernance ou aux droits humains sont-ils, selon vous, des instruments de puissance française à part entière ou doivent-ils être davantage articulés avec des objectifs directement identifiables pour nos intérêts nationaux ?
Enfin, vous aviez souligné lors d’une précédente audition le rôle croissant que pourraient jouer Proparco et d’autres instruments permettant de mobiliser des financements non budgétaires. Jusqu’où peut aller cette diversification, sans modifier la nature même de l’AFD ? Comment trouver l’équilibre entre la mobilisation nécessaire du secteur privé et le maintien d’une capacité d’intervention publique, dans les pays où les secteurs où le marché ne peut se substituer à l’action de développement ?