Assemblée Nationale en commission – Iran

Compte rendu de réunion n° 51 – Commission des affaires étrangères

Mme Carole Guillerm (Dem). Depuis le déclenchement de l’opération américano-israélienne contre l’Iran, le Moyen-Orient connaît un basculement stratégique majeur et une extension progressive du conflit, du golfe Persique au Liban et au Yémen, du détroit d’Ormuz au détroit de Bab-el-Mandeb. La guerre monte en intensité, avec l’emploi de moyens toujours plus lourds et des cibles civiles désormais visées délibérément, ce qui constitue un tournant particulièrement préoccupant.

Dans le même temps, la communication erratique du président Trump contribue à brouiller la lisibilité stratégique de l’engagement américain. Les développements récents révèlent une tension croissante entre logique militaire et logique diplomatique. Les États-Unis semblent désormais explorer les contours d’une sortie négociée autour d’un plan de paix que nous souhaitons.

Israël, quant à lui, privilégie la poursuite et l’intensification de la pression militaire, dans une logique de contraintes directes sur les capacités du régime iranien. Celui-ci opte pour une stratégie d’attrition et d’enlisement, visant à épuiser les capacités adverses et à faire du temps long un levier stratégique en transformant la durée du conflit en avantage.

Dans ce contexte, peut-on encore considérer que l’alliance américano-israélienne demeure pleinement maîtresse du cours des événements ? Assistons-nous à un renversement progressif du rapport de force, dans lequel l’Iran, par sa capacité de nuisance, parvient à se repositionner comme une puissance régionale plus influente qu’auparavant ? Comment la communauté internationale, notamment les Européens et les puissances asiatiques, peut-elle encore peser sur le cours du conflit, sans pour autant s’engager dans une logique d’escalade militaire ?

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