30 avril 2026 : Mon collègue Eric Martineau a souligné les enjeux de nos filières agricoles et la robustesse de nos standards sanitaires au démarrage de ce débat.
Je souhaite élargir notre réflexion à la dimension stratégique et macroéconomique de ce partenariat.
A l’échelle de l’Union européenne, le bilan du CETA est sans appel.
Les échanges ont progressé de plus de 50 % et sont entrés en vigueur provisoire en 2017.
Pour la France, la tendance est positive, avec une croissance de 29 %.
Nous avons dégagé un excédent commercial de 274 millions d’euros en 2024, porté par l’excellence de nos industries agroalimentaires, de notre secteur pharmaceutique et de nos équipements mécaniques.
Toutefois, si l’on regarde nos voisins, nous constatons que la France capte une part moins importante de cette dynamique que la moyenne européenne.
L’importance commerciale reste très dépendante de la volatilité des prix des ressources naturelles.
En 2024, les hydrocarbures représentaient 21 % de nos importations en provenance du Canada, ce qui explique le retour ponctuel à un déficit de 92 millions d’euros attendus pour 2025.
À l’heure où nos dépendances vis-à-vis de grandes puissances comme les Etats-Unis ou la Chine interrogent diversifier nos partenariats devient un impératif de souveraineté.
Dans ce contexte de fragmentation des routes commerciales internationales, y compris du multilatéralisme, cet accord avec une démocratie stable comme le Canada prend une dimension géopolitique particulière.
Mais cet outil doit être pleinement mobilisé pour servir notre souveraineté économique en France.
J’aimerais donc vous poser deux questions.
Premièrement, sur l’accompagnement de notre tissu économique, au-delà de nos grands champions industriels, quelles stratégies concrètes déployez-vous pour que nos PME et nos ETI s’emparent davantage de ce marché ?
90 % au niveau européen depuis 2016 ne constitue-t-il pas un levier de croissance prioritaire que nous pourrions davantage soutenir ?
Et deuxième question, très brièvement, sur la sécurisation de nos approvisionnements.
Le Canada est un fournisseur-clé de matières premières et de ressources minérales.
Face à la crise énergétique mondiale que nous connaissons, cet accord est-il utile à la sécurisation de nos filières stratégiques ?
Et par ailleurs, vos services sont-ils aujourd’hui en mesure d’évaluer précisément l’impact de cette crise énergétique sur le volume de nos importations d’hydrocarbures canadiens et par conséquent sur l’évolution de notre balance commerciale à court et moyen terme ?